Un peu de moi – Mon grand père ce héros

Je n’en ai jamais parlé ici. Je crois même n’avoir jamais écrit d’article aussi personnel. Mais cela sert à ça aussi un blog, se vider la tête et l’esprit, dire ce que l’on pense, ressent. Et aujourd’hui, les larmes me viennent. Un mélange de bonheur, tristesse, mélancolie, fierté, et ce vide. J’avais pensé depuis quelque temps écrire cet article, le préparé, le travaillé, mais le temps m’a filé entre les doigts et j’ai oublié. Et aujourd’hui (02/04), alors que je passais un samedi plus que classique, je me suis souvenu que c’était aujourd’hui, c’était cette date que je n’oublierai jamais. Il y a maintenant 2 ans, tu t’en allais. Et depuis les étoiles ne brillent plus pareil.
Je ne regrette rien, je me souviens de tout, mais pendant combien de temps ? Je me souviens de ton sourire, de tes blessures cachées, de ta mémoire, de ton patois, du défi que tu as lancé à la vie en restant debout jusqu’à tes 101 ans. J’aurai aimé en apprendre plus sur toi, prendre plus de temps, que tu apprennes à connaitre l’homme de ma vie, que tu retiennes le prénom de mes enfants que je n’ai pas encore. Mais c’est comme ça, tu es parti avec le sourire, auprès des tiens, paisiblement.
Je n’écouterai plus jamais de la même manière cette chanson de Soprano qui me fait tant penser à toi, ce que j’ai pu pleurer à l’écoute de ces quelques phrases « Si j’avais eu le pouvoir de Hiro Nakamura, J’aurais été voir mon grand-père une dernière fois, lui dire que je m’occupe de sa fille, qu’il ne s’inquiète pas… ». Ce que j’aime cette chanson. Elle me rappelle que rien n’est éternel, rien est impossible, et surtout qu’il faut profiter de la vie, de chaque minute, que l’on ne sais pas de quoi demain sera fait.
Mon grand-père, mon héros. Depuis que j’ai l’âge de comprendre, l’âge de prendre du recul sur tout cela, depuis que je réalise, depuis que tu es parti, j’ai compris que ce que tu as vécu dans ta vie personne ne peut vraiment le comprendre. Alors je garde précieusement ces extraits de vie que tu as bien voulu nous confier, ces années à la guerre, prisonnier, à boire du café gelé, du pain rassis. Et je garde précieusement dans ma mémoire les souvenirs de ce voyage avec ma famille, en Allemagne, à la rencontre des enfants, petits enfants, de ceux qui t’ont gardé prisonnier à l’époque. Tu m’as fais réaliser que ce qui s’est passé n’est pas seulement écrit dans des livres, ce ne sont pas seulement des reportages en noir et blanc, des photos jaunis, mais c’est la réalité. Alors, depuis que tu t’en es allé, je ne regarde plus de la même manière ces vieux films, ces veilles photos… Et je suis fier.
Tu es parti et depuis tu es quand même toujours avec moi, mon étoile, je le sais, tu veilles sur moi, la vie que j’ai aujourd’hui, le bonheur, mon sourire, c’est un peu de toi, grâce à toi.

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